Enjeux de la chasse, avec Marc Meissel

Extrait d'affiche de la Fédération Nationale des Chasseurs

Vert Azur

Le mag' nature sur Radio Aigo

NUMÉRO 1 – DÉCEMBRE 2017

Enjeux de la chasse

Avec Marc Meissel

Marc Meissel est le président de la Fédération des Chasseurs du Var. Il exerce aussi ces responsabilités dans les fédérations régionales et nationales.

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La question de la chasse recouvre des enjeux de différentes natures : sociale, environnementale ou économique. Pris entre les feux d’une opinion publique de moins en moins favorable à la chasse et ceux de la multiplication des grands gibiers comme le sanglier et de leurs nuisances, les chasseurs doivent s’adapter à un contexte social et environnemental nouveau.

Etat des lieux de la chasse dans le Var avec Marc Meissel, le président de la Fédération des Chasseurs du Var.

Pour bien comprendre les enjeux majeurs qui façonnent nos territoires, il convient de dépasser les conflits les plus visibles. Ceux-ci proposent généralement deux points de vue relativement réducteurs présentés comme irréconciliables. La question de la chasse est souvent posée sous cette forme, présentant des avis radicalement pour ou fondamentalement contre. Ce qui n’aide pas vraiment à la compréhension des enjeux profonds sous-tendus derrière cette problématique. Or il est évident que la chasse est une question sociale, environnementale, écologique et même économique essentielle dans nos campagnes et dans les zones périurbaines.

Notre dossier sur la question du sanglier et cet entretien avec Marc Meissel permettront peut-être de mieux appréhender la problématique globale et ses enjeux à travers les points de vue des chasseurs et des acteurs de la gestion du territoire.

Nécessaire à l’alimentation, à la protection des cultures ou aux équilibres écologiques, la chasse fait partie du patrimoine humain depuis toujours. Jusqu’à sa remise en question récente par certains courants de pensée écologistes d’une part, par d’importantes évolutions dans notre alimentation d’autre part mais aussi par une mutation sociale très forte vers un monde de plus en plus urbain. Le monde rural lui-même a connu de lourdes mutations depuis la seconde moitié du 20ème siècle.

Responsabilités sociales et financières

La chasse n’est plus nécessaire comme jadis à l’alimentation, elle est devenue une activité de loisirs mais à laquelle on octroie des missions d’intérêt général. Les chasseurs gèrent aujourd’hui de lourdes responsabilités sociales dont les équilibres écologiques et la protection des cultures. Depuis 1968 la même loi qui interdit aux agriculteurs d’abattre le gibier dans leurs cultures, imposent aux chasseurs, représentés par leurs fédérations, d’indemniser tous les dégâts causés aux cultures par le gibier. Une situation qui devient difficile à l’heure où le nombre de chasseurs baisse et où celui des sangliers ne cesse de se multiplier.

Partager la nature

Dans le même temps, le peuplement des campagnes est de plus en plus divers et nous avons appris à aimer la nature autrement. Les non chasseurs y côtoient les chasseurs. Randonneurs, vététistes, chercheurs de champignons ont aussi légitimement envie de profiter de la nature environnante. Il faut donc désormais apprendre à continuer de gérer les mêmes équilibres mais en partageant la nature avec tout le monde.

Une tâche que les chasseurs prennent à bras le corps, Marc Meissel nous l’apprend lors de notre entretien : les instances de la chasse sont par exemple en dialogue avec la Fédération Nationale de Randonnée afin de chercher des solutions concrètes à ce nécessaire vivre ensemble.

Resteront à régler les questions financières entre chasseurs et monde agricole, mais là les négociations risquent d’être bien plus longues et complexes. Marc Meissel souhaite une évolution de la loi de 1968 devenue intenable pour les chasseurs.