Le sanglier et nous

Dossier

Le Sanglier et Nous

Reportages à l’occasion de la journée « Itinéraire d’un animal hors-normes » au Plan de la Tour le 13 octobre 2017.
Le 13 octobre 2017, la journée « Sanglier Itinéraire d’un animal hors-normes » organisée par l’association Foret Méditerranéenne a réuni chasseurs, agriculteurs, forestiers et élus autour de la question de la surpopulation du sanglier.

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Le Sanglier et Nous

« Sanglier : itinéraire d’un animal hors-normes »

Retour sur la journée organisée par l’association Forêt Méditerranéenne le 13 octobre 2017 au Plan de la Tour.

Le 13 octobre dernier, l’Association Forêts Méditerranéennes organisait une journée consacrée au sanglier au Foyer des Campagnes du Plan de la Tour. L’occasion de s’attarder un peu sur les caractéristiques de cet animal surprenant et sur nos relations avec lui. Il est en effet devenu incontournable dans nos forêts et nos communes, dans nos conversations et dans nos soirées d’hiver pendant lesquelles on peut l’entendre glaner autour de nos maisons !

Il est accusé de détruire les cultures, de labourer les potagers ou encore de provoquer des accidents de la route. Alors on le chasse et sa viande succulente approvisionne nos cuisines de ses doux fumets de daubes et de rôtis. Mais ses premières caractéristiques sont ses facultés d’adaptation et de reproduction.

Lire : Portrait du sanglier

A côté de cela le nombre de chasseurs aurait plutôt tendance à diminuer. Alors on organise des battues qui elles aussi ont un impact sur le territoire et ses habitants. Des habitants qui n’ont pas tous la même vision des choses. La chasse intensive va nécessairement à l’encontre des intérêts des promeneurs et sportifs qui peuplent eux aussi de plus en plus nos forêts l’hiver. Sans compter celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui ne comprennent ou n’acceptent pas l’idée même de la chasse.

Mais la tension la plus vive n’est pas celle qui sépare les partisans de la chasse des autres, c’est plutôt celle entre les chasseurs et les agriculteurs – les premiers devant indemniser les dégâts que le grand gibier cause aux seconds.

Lire et écouter  : Enjeux de la Chasse, avec Marc Meissel de la Fédération des Chasseurs du Var

Lire aussi : Le poids économique de la chasse

Ces impacts multiples sur notre vie sociale génèrent de nombreuses réflexions, à différents niveaux, dans différents secteurs. Aussi des initiatives mobilisant l’intelligence collective de nos territoires se mettent en place. Comme cette journée sur le thème : « Sanglier : itinéraire d’un animal hors-normes » organisée par l’association Forêt Méditerranéenne en partenariat avec l’Institut Méditerranéen du Patrimoine Cynégétique et Faunistique, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et la Fédération des Chasseurs du Var. Cette journée a réuni chasseurs, forestiers, chercheurs, agriculteurs et élus.

Ecoutez : l’interview de Denise Afxantidis directrice de l’association Forêt Méditerranéennes

Pour Jean-Claude Ricci, le directeur scientifique de l’Institut Méditerranéen du Patrimoine Cynégétique et Faunistique, venu dresser un tableau précis de la situation du sanglier dans les zones méditerranéennes, l’objectif est de « retrouver la voie de nouveaux équilibres ». Pour lui il convient d’ouvrir le milieu forestier (c’est à dire éviter les zones inaccessibles à l’homme) et de « chasser mieux et plus efficace ». Il lui semble aussi nécessaire d’autoriser le piégeage dans les zones périurbaines afin de mieux protéger les communes.

Ecoutez : l’interview de Jean-Claude Ricci

Bruno Giaminardi, le directeur de la Fédération des Chasseurs du Var complète le tableau avec des données départementales. Il souhaite que l’on « change rapidement le logiciel de gestion des populations sangliers et grands gibiers en général ». Sinon « il y a des fédérations départementales de chasseurs qui fermeront ».

Dans son discours d’accueil, Florence Lanliard, le Maire du Plan de la Tour ne peut que constater la difficulté de gérer les conflits d’usages entre les sangliers et les habitats, en particulier dans une commune dotée de cultures et où l’habitat dispersé est fréquent.

Elle porte un projet novateur de développement dune filière de venaison.

Lire : « Faire du sanglier un atout pour le massif des Maures »

Mais le maire du Plan de la Tour déplore avec les autres intervenants présents l’indifférence des pouvoirs publics face à l’enjeu forestier en général et dans le Var en particulier :

« Le var est un peu l’oublié des grandes manœuvres stratégiques et géopolitiques de la Région car les premières ébauches de métropolisation – c’est à dire le Grand Marseille et le Grand Nice – se partagent le territoire méditerranéen en deux grands pôles d’influence dans lesquels le Var est pratiquement occulté. Le Var est le département le plus forestier de France après les Landes, une telle indifférence m’a vraiment surprise, on dirait qu’aujourd’hui il n’y en a plus que pour les métropoles et l’urbain, et que le rural, le forestier, finalement c’est secondaire. »

« Il faut faire comprendre aux citadins qu’il ne peuvent se passer du rural et du forestier », ajoute-t-elle encore, inquiète de l’accroissement de la fracture entre l’urbain et le rural.