Portrait du sanglier

DOSSIER

LE SANGLIER ET NOUS

Jean-Claude Ricci est Directeur scientifique de l’Institut Méditerranéen Cynégétique et Faunistique.
Bruno Giaminardi est directeur de la Fédération des Chasseurs du Var.

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Le sanglier et Nous

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l'interview de Jean-Claude Ricci

Au cours de la journée dédiée au sanglier le 13 octobre 2017 au Plan de la Tour, Jean-Claude Ricci, le directeur scientifique de l’Institut Méditerranéen du Patrimoine Cynégétique et Faunistique et Bruno Giaminardi, le directeur de la Fédération des Chasseurs du Var se sont attachés à décrire et caractériser cet animal si proche de nous et pourtant bien méconnu.

Une grande capacité d’adaptation

La première des caractéristiques qui permettent aujourd’hui la surpopulation des sangliers est leur faculté d’adaptation hors du commun, où qu’ils soient. Cette adaptation est d’autant plus facile dans la forêt méditerranéenne qui lui offre aujourd’hui un environnement idéal à son bien-être et notamment un milieu fermé, inextricable, très difficile d’accès pour l’homme.

Un milieu naturel très favorable

Bruno Giaminardi explique l’évolution de ce milieu forestier varois par la disparition du pastoralisme. Les bergers et leurs troupeaux entretenaient la forêt mais depuis leur quasi disparition la végétation a repris ses droits : les résineux d’abord, puis les chênes. Aujourd’hui la forêt a atteint son stade de maturité et sa fructification est abondante, donnant au gibier tout ce qui lui faut pour se multiplier encore. D’autant que d’un autre côté, la population varoise a doublé depuis les années 1980 et occupe ces zones dites d’habitat naturel. Des terrains idéaux pour le sanglier qui s’adapte aussi très bien à la proximité humaine et à ses apports en nourriture.

Des sens très performants

Jean-Claude Ricci souligne encore un « équipement sensoriel » extrêmement performant : les écoutes (oreilles) du sanglier le dotent d’une ouïe hors du commun, son odorat est très puissant et son groin est aussi un remarquable outil de fouissement. Quiconque a déjà reçu la visite d’un de ces adorables ongulés dans son jardin, a pu remarquer l’efficacité de ce groin !

Et une grande capacité de reproduction

Comme dans le cas de beaucoup d’espèces forestières, la vue des sangliers est faible. Leurs pattes sont par contre très puissantes et leur permettent de parcourir de très longues distances. En une seule nuit, un sanglier peut parcourir plus de 10 kilomètres en s’arrêtant partout où cela le chante pour glaner sa pitance !

Ils ont une forte capacité d’assimilation de la nourriture. Cette caractéristique a une incidence très nette sur leur capacité de reproduction puisque celle-ci dépend du poids de la laie. Ainsi en 20 ans, l’âge moyen de reproduction est passé de 18 à 9 mois !

Comme tous les animaux, son existence est naturellement vertueuse : il participe à la dissémination des diaspores et à la régénération de la forêt.

Pour les deux intervenants, la réflexion sur le sanglier doit désormais être étendue aux autres grands gibiers. Les ruminants comme les chevreuils, les cerfs ou les chamois sont désormais présents dans tout le département.